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La petite histoire du jour où ma photo de Jean Rochefort a fait la Une de Libé !

JEAN ROCHEFORT COUV2
Libération, 10 octobre 2017

Lundi dernier, à midi,  je reçois par sms « Tu as des photos de Jean Rochefort ? ». Avec l’expérience, je sais que ce genre de message ne sent pas vraiment bon pour la personne citée. C’est un aspect un peu étrange de mon métier où, à l’annonce d’une disparition, toutes les agences photo se réveillent. Leur objectif pressé, envoyer l’ensemble des photos d’une personnalité défunte pour un bouclage le lendemain. Un peu sous le coup de la nouvelle, j’emporte avec moi les photos sur un disque dur et je me rends à l’aéroport où je pars pour Milan.

« Chérie, tu ne vas pas me croire, je fais la Une de Libé »

Aux contrôles des bagages à Roissy, je reçois de nouveau un sms, « Envoie les HD à Libé, ils veulent faire des tests pour la Une ! ». Petit coup de pression, il faut que j’envoie au plus vite les photos, j’allume mon mac, je partage la connexion avec mon téléphone, je prépare le Wetransfer… Et tout à coup, l’appel pour l’embarquement est lancé. Je compte les secondes qui me séparent des 100% du transfert et je me rends en courant dans l’avion. Je me dis que j’ai fait tout mon possible mais que comme d’habitude, ils vont choisir une autre série de photos.

Arrivé à Milan en début de soirée, je suis toujours sans nouvelle jusqu’à un dernier message à 19h36. « Appelle Libé et parle de ta séance ». Je prends le téléphone et je raconte la séance à la rédactrice photo de Libération. Ce sourire de gamin qui m’avait frappé chez Jean Rochefort, son humour à la moindre occasion, sa décontraction face à mes idées parfois originales de mise en scène. C’est d’ailleurs lui qui est parti chercher une craie pour dessiner un point d’interrogation sur le dossier de la chaise afin « d’ajouter un peu de mystère à la photo ». Un véritable moment que l’on a vécu dans son appartement du 7ème arrondissement de Paris. Quelques jours plus tard, je suis retourné lui apporté ses tirages photos, pour le remercier de sa gentillesse. Il m’a accueilli en peignoir et baskets et je me souviens de ses mots, « Mais montez mon ami ! Montez ». On a discuté, quelques instants, me laissant en mémoire un homme très chaleureux, adorable même.

Au terme de cette journée, j’éprouve des sentiments contraires, à la fois une fierté de réaliser cette Une mais aussi une tristesse de perdre une homme formidable. Cette photo publiée restera pour moi un dernier clin d’oeil facétieux de cet homme si attachant.

Jean Rochefort en page intérieure de Libération, 10 Octobre 2017
Jean Rochefort en page intérieure de Libération, 10 Octobre 2017
Jean Rochefort en page intérieure de Libération, 10 Octobre 2017
Jean Rochefort en page intérieure de Libération, 10 Octobre 2017

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