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Pauline Darley : portrait d’une photographe 3.0

Pour cette première interview sur le blog, j’avais envie d’interroger un(e) photographe inspirant(e). Le nom de Pauline Darley rencontrée il y a quelques années m’a toute suite traversé l’esprit. En plus d’être très active sur Instagram, notamment avec des portraits d’influenceuses, Pauline a développé son style, son savoir faire au cours des années que ce soit en beauté, en mode, et en portraits de personnalités.

A travers cet entretien on en apprend plus sur son parcours, sa manière de gérer les shooting, la passion de son métier et son rapport aux marques. Et bien sûr si vous ne la connaissez pas, cette interview est l’occasion de découvrir son travail.

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Sébastien : On a tous une part de timidité en shooting, en tant que photographe, comment la gères-tu ?

Pauline Darley : Je ne me suis jamais sentie vraiment timide en séance photo parce que je me mets tout le temps dans une bulle. Je sais que c’est moi qui gère et que je dois être la chef d’orchestre. Je n’ai pas le droit d’être dans mon coin. Dans mon parcours photo, je trouve que tout ce que j’ai fait a été assez logique et crescendo. Au début, j’étais seule avec une copine, puis seule avec une modèle, j’ai du apprendre à faire du relationnel avec quelqu’un que je ne connaissais pas. Après, il y a eu une équipe en plus, après c’est les clients, et enfin une grosse équipe. Aujourd’hui, je me retrouve avec quinze personnes derrière moi qui regardent un écran d’ordinateur en commentant mes images (rires).

Est-ce que tu as une petite routine ou des habitudes pour bien commencer une séance photo ?

Pauline Darley : Déjà, il faut qu’on me laisse. J’ai besoin d’être un peu seule. Encore aujourd’hui, je sais que ça n’est pas bien de le faire mais j’aide pour monter le matériel. Je sais que pour les jobs, ça n’est pas forcément recommandé. En gros, je vais voir les modèles pour savoir si ça se passe bien, je parle au client pour savoir ce qu’on va faire vraiment. Après, je n’ai pas trop d’habitudes.

Avant une séance, est-ce que tu es stressée ou plutôt euphorique ?

Pauline Darley : La veille, je ne dors pas. (rires). Et le jour même non plus. C’est bizarre, ça dépend de la pression que j’ai, si la séance photo je la sens très bien, s’il n’y a pas de challenge fou ou si je me mets vraiment la pression, là c’est très stressant. En étant photographe ce qui est bien c’est que tu peux ramener tes maquilleurs, tes coiffeurs, tes assistants que tu connais et rien que d’avoir cette équipe, tu ne vas pas stresser pour le matériel, le maquillage ou le stylisme. Parfois je suis hyper contente de les retrouver, je me dis qu’on va passer une bonne journée et ça va être cool. Le jour de la séance photo, je suis tout le temps stressée, je ne sais pas pour toi, jusqu’à la première image. En fait, jusque-là, tu te poses la question de savoir si la lumière va bien tomber ? Si la peau des modèles va bien réagir ? J’ai besoin de me dire que le rendu me plaît, que le stylisme me plaît, que le client me dise OK, bref que j’aime tout. Donc c’est avec la première photo que je déstresse.

Quand on fait une séance photo ça peut être très long avant de voir la première image. Comment fais-tu passer le message sur le plateau ?

Pauline Darley : Les équipes avec qui je travaille, ça fait plus de 5 ans que je bosse avec elles Et donc, elles savent. C’est plutôt pour le client, quand tu fais tes tests lumière et que la modèle fait la tête parce que tu ne lui a rien demandé. Le client te fait remarquer : elle pourrait sourire, je n’aime pas trop la pose. (rires). Il faut bien lui expliquer que c’est juste un test. Tu sais qu’à chaque séance tu auras le même truc à dire quand le client n’a pas l’habitude ou qu’il arrive au milieu de la séance et pense que c’est la bonne photo.

« Pour moi, la photo est un travail d’équipe »

Qu’est ce que tu as comme astuce pour lancer une séance quand la sauce ne prend pas ?

Pauline Darley : J’essaye d’analyser ce qui ne va pas mais avec tout le monde. A toute l’équipe de dire, est-ce que c’est la coiffure qui ne va pas ? Le maquillage ou est-ce la pose ? Est ce que c’est le fond, trop clair ou trop foncé ? Est-ce qu’il faudrait une autre teinte ? Je tente d’analyser tout ça, j’écoute ce que tout le monde dit. Pour moi, la photo est un travail d’équipe, je ne peux pas tout savoir et parfois je suis tellement concentrée sur ma partie que je ne vois pas ce qui cloche. Si ça n’est aucun de tous ces éléments alors c’est la lumière et je vois soit toute seule, soit avec mon assistant pour changer la lumière, changer d’accessoire. Au final, tu trouves forcément. Il faut vraiment prendre le temps de bien analyser. Je dis toujours que la première image, c’est la plus importante, parce que c’est là où tu vas voir toute la suite de la séance photo au niveau du rendu, de l’ambiance etc…

Est-ce que tu as une anecdote sur une séance où tout était contre toi et qu’au final, tu as fait une super séance ?

Pauline Darley : J’ai fait une séance photo où il y avait des perruques colorées et des maquillages très forts. La modèle n’a pas aimé du tout, elle a commencé à faire la tête. Elle est allée aux toilettes pour appeler sont agent, en disant que c’était très moche ce qu’on faisait. Il était 11 heures, je voyais que la séance n’allait rien donner. J’ai du changer de modèle malheureusement. Le temps d’avoir une autre modèle qui me plaise, on a du finir à 23 heures. C’était horrible. Le résultat, je l’aimais bien, maintenant c’est vieux, il y a 6 ans, ça ne me correspond plus trop. C’était vraiment une séance photo compliquée. Il y avait l’équipe, tout le monde avait tout préparé, il fallait que ça aille, on n’a pas perdu de temps. Quand un truc ne va pas, je fais ma lumière habituelle et après j’essaye de l’adapter. Comme tout est préparé…

Quand on voit tes images, on a l’impression que tu travailles en toute amitié, quel est ton secret pour mettre les gens à l’aise ?

Pauline Darley : J’ai la chance d’être une fille, d’être douce, d’avoir une petite voix et d’être calme. En gros, je créé une relation de copines avec les modèles. Je me dis que c’est ça qui fonctionne. Je suis également empathique, je me mets à leur place. Si par exemple on shoote beaucoup, je demande à la mannequin si ça va, si elle a froid, si elle veut faire une pause, ou si elle veut boire. Des trucs de base. Je montre aussi beaucoup les photos quand je sens que ça peut aller. J’essaye de faire vraiment comme si j’étais seule avec la modèle et qu’on créé un lien. Pas comme si il y avait une barrière photographe/modèle mais un truc de proximité. Pour les célébrités ou les gens plus connus, il n’y a que moi et la personne qui existent et je me dis qu’elle e est là pour avoir de belles photos. Il ne faut pas que l’un de nous se sente supérieur ou inférieur sinon ça se verra, il y a truc qui ne va pas passer. Je ne me renseigne jamais sur les gens avant la séance. Après je me dis : Oh mon dieu il a bossé avec untel ou il a fait ça! (rires). Si je le sais avant ça m’impressionne et c’est mort. Suivant la personne, je peux tutoyer ça dépend. Il y en a peut être qui n’aiment pas que je sois trop douce ou que j’ai l’air trop jeune. D’autres apprécient ce côté plus simple.

Tu as confiance en toi, tu sais exactement ce que tu veux, comment se fait-il que tu donnes cette impression paradoxale de timidité ?

Pauline Darley : En dehors de la séance photo, je peux avoir l’air plus en retrait. Je sais qu’aux réunions clients, je ne suis pas celle qui va parler tout le temps. J’écoute et je dis les choses au bon moment ou quand on me le demande. Je vois des gens qui parlent tout le temps, en disant on va faire ça, on va changer ça. C’est aussi au DA de parler, je ne vais pas prendre leur place. Je pense que c’est quand on me voit en dehors des séances, au petit dej, j’ai plus l’air calme. En séance photo, je sais rarement le résultat que je veux avant. Je trouve que tout se fait le jour même, il y a une énergie que tu ne pourras jamais prévoir. Je crois qu’en séance photo, je n’ai pas l’air trop réservée, je le suis forcément plus que d’autres mais je trouve que ça va! (rires). Je suis souvent hyper stressée, mais comme ça ne se voit pas tout le monde pense que je suis hyper calme et me demande comment je fais pour ne pas l’être alors qu’on fond je bous. Je ne sais pas je dois avoir un truc.

Qu’est ce que toutes ces années de photos t’ont apprises, ou révélées de ta personnalité ? 

Pauline Darley : D’un point de vue personnel, ça m’a donné une toute petite confiance, de dire que j’étais capable de faire des choses. Le plus beau compliment qu’on peut me faire, en photo, c’est que la personne que je photographie se trouve bien et me dise, « T’as réussi à m’avoir », « À trouver qui je suis en photo ». Je trouve ça fou. Déjà, ça m’a donné confiance de me dire que je peux aider les gens, parce que parfois j’ai des séances photo où des personnes veulent juste se sentir jolies et que je me dis que je leur fais du bien à ma manière. Après, ça m’a permis aussi en groupe ou quand on ne se connaît pas, de dire je fais de la photo, j’aime mon métier et que je suis épanouie. J’ai réussi à trouver ce qui me plaît. Le mode de vie de la photographie freelance, me plaît beaucoup et me correspond énormément. J’ai besoin souvent de calme et donc chez moi c’est parfait. Aujourd’hui, j’ai à peu près deux ou trois séances par semaine et le reste du temps je suis sur mes retouches, mes rendez-vous ou a préparer mes séances. C’est un emploi du temps rêvé. Je varie soit entre des gros jobs et des séances perso. J’ai besoin de studio, de faire de l’extérieur, d’être juste seule sans 150 personnes autour de moi et j’ai besoin qu’on crée avec 150 personnes autour de moi. J’ai réussi à trouver mon rythme parfait pour ma personnalité.

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Quels sont tes conseils pour aider une jeune photographe ?

Pauline Darley : Ca dépend des personnalités, mais si je vois une autre « moi », je lui conseillerais de bien préparer. J’ai besoin que tout soit bien préparé, après on peut bifurquer, ne pas rester sur ce que l’on a dit. Il est important d’avoir des bases pour ne jamais paniquer ou ne pas savoir quoi faire. C’est le pire des trucs, tu dois t’imposer auprès tout le monde en disant tu gères. Pour les conseils de base, j’ai l’impression que ça a marché pour moi, de faire tout le temps des photos. Produire le plus possible même si ça ne sera pas la séance de folie. Il faut travailler son inspiration, sa créativité. C’est hyper formateur parce que tu t’adaptes à toutes les conditions. Maintenant avec n’importe quel temps je pense que je peux tirer une photo qui peut me plaire parce que j’ai fait des photos sous la pluie, par temps gris, sous la brume ou en plein soleil. Ne pas changer sa personnalité. Chaque chose arrive au bout d’un moment, il faut être patient. Il faut se dire que si ça n’est pas mon tour, ça n’est pas grave, il y a forcément autre chose qui peut me correspondre et rien ne t’empêche de faire ce qui te plait.

Vous pouvez retrouver les séries de Pauline Darley sur son Instagram , ou sur PaulineDarley.com

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