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Une semaine de test avec le Nikon Z7 : tout ce qu’il faut savoir sur ce nouveau boitier mirrorless

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Le Nikon Z7

J’attends ce moment depuis l’annonce de sa sortie cet été, avoir en main le nouveau Nikon Z7. Grâce à Nikon, j’ai pu le tester pendant 5 jours, associé à son 24/70 série Z. J’ai arpenté la Ryder Cup pendant toute la durée de l’événement de golf. J’ai eu la chance de shooter la compétition au coeur des greens avec Tiger Woods, sur le vif avec les spectateurs, de nuit sur pied et même au petit matin à 8000 ISO avec les green keeper du parcours. J’ai réalisé près de 5000 photos et pris le temps de me faire un avis sur la bête.

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Tiger woods à la Ryder Cup 2018

Habitué aux boîtiers Nikon depuis des années, ce qui m’a surpris le plus en découvrant le Z7 sont sa petitesse et sa légèreté. Le boitier est un bon quart plus petit que mon D850 et il ne pèse que 675 grammes contre 1 kg. Pendant des années, le poids a été un argument avancé par les photographes pour justifier la qualité de fabrication et la solidité. Durant la compétition, j’ai du vérifier plusieurs fois que mon appareil était toujours sur mon épaule car je ne le sentais pas.

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D850 vs Nikon Z7

La prise en main du Z7 est bonne. Le grip est plus court qu’un reflex classique mais suffisamment profond pour une bonne préhension. Le petit doigt dépasse légèrement mais comme le boitier est très léger cela ne dérange pas. La disposition des boutons est assez classique, à droite les molettes diaphragme/vitesse, un bouton dédié à l’enregistrement vidéo, le correcteur d’exposition et les ISO. Un petit écran LCD rappelle les réglages principaux. A gauche se trouve une molette avec les modes PSAM. A droite de l’objectif à la place du testeur de profondeur de champ, deux boutons de fonction très pratiques font leur apparition.

Au dos le bouton « I » permet d’accéder aux principales fonctions du boitier : mesure de lumière, zone AF, cadence de prise de vue, qualité des photos, connexion wifi, balance des blancs… Un bouton pour tout diriger, je m’y suis fait assez rapidement, d’autant plus que quasiment tous les boutons sont personnalisables y compris la bague de l’objectif ! J’ai pu ainsi tester la correction d’exposition sur la bague de mise au point. La liste des choix d’attribution des fonction est très complète. Elle permet suivant ses habitudes de les attribuer où bon vous semble. J’ai choisi facilement de faire apparaitre le quadrillage sur l’écran, lancer un bracketing ou changé le mode AF.

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Arrivée de Tiger Woods sur le trou numéro 1

Pendant longtemps, je n’ai pas voulu entendre parler de viseur électronique. Qu’un écran se glisse entre moi et mon sujet me donnait le sentiment de perdre le lien avec l’instant présent et de me projeter immédiatement en tant que spectateur. J’y voyais la même différence que d’assister à une séance dans un salle de cinéma et de voir un film sur un écran d’ordinateur. Plusieurs années de photos avec un smartphone ont sans doute émoussé ce sentiment mais j’avais toujours cette légère appréhension. Le viseur du Z7 est doté d’une définition de 3,69 Mpx. Le taux de rafraîchissement de 60 images/seconde le rend agréable à utiliser même pendant de longues heures. De nombreuses infos peuvent être affichées, y compris les menus ou le visionnage des images déjà photographiées. Une bonne option en cas de forte luminosité ou par soucis de discrétion. C’est une nouvelle façon de travailler car il n’y a plus (moins) besoin de vérifier sur l’écran que la photo est bien exposée. 

Contrairement à un reflex qui est prêt à photographier dans l’instant, il faut attendre 0,8 secondes après la mise route avant de prendre sa première photo. Objectivement cela n’est pas grand chose mais ils faut l’avoir en tête et anticiper pour des images prises sur le vif. L’écran est tactile quant à lui  et permet de déclencher ou de choisir la zone de mise au point. Il est bien défini et reste utilisable même en cas de forte luminosité. Il est orientable vers le haut et vers le bas. Dommage qu’il ne puisse pas pivoter aussi sur le côté pour réaliser des images en vertical. 

En sélection automatique, l’écran s’éteint quand on porte l’oeil au viseur. Dans les faits la moindre ombre sur ce dernier coupe l’utilisation de l’écran. Il faut donc en passer par le sélecteur qui est à gauche du viseur pour n’activer que l’un ou l’autre. Malheureusement les infos n’apparaissent que dans le viseur et on ne sait jamais quel mode de visualisation va être sélectionner rapidement. J’espère qu’une mise à jour logicielle permettra, dès que l’écran est déplié de passer dans le mode de visualisation écran.

Le Nikon Z7 fait partie des boitiers qui nous permettent  d’envisager la photographie autrement. J’ai pu pendant ces 5 jours travailler de manière plus instinctive en prenant plus de liberté

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Les green marshalls  font régner le silence sur les greens

J’attendais avec impatience de pouvoir utiliser le Z7 pour profiter de son mode silencieux. En plus d’un obturateur mécanique, le Nikon peut utiliser un obturateur électronique qui ne produit aucun son. Les compétitions de golf sont réputées pour leur silence de cathédrale tant les joueurs peuvent être perturbés par le bruit même d’un déclenchement d’appareil photo. C’est très étrange de réaliser des photos sans entendre le clac si caractéristique d’un appareil photo. Passé cette première impression, j’ai pu me concentrer sur mes cadres et photographier de manière plus instinctive en déléguant une bonne partie de la technique au Z7. Je n’ai eu à déplorer que  quelques problèmes de rolling shutter. Notamment lors des phases de drive où la tête des clubs atteint les 180km/h et fait un arc de cercle qui met à mal le scan des capteurs. En résulte un club un légèrement déformé sur une image de la série, plus particulièrement au moment de l’impact. J’imagine que le Z6 et son capteur de 24Mpx doit en être exempt.

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Francesco Molinari en plein drive

Le système autofocus à détection de phase est très complet. 493 points sont répartis sur 93% du capteur. Enfin il est possible de choisir des zones de mise au point qui correspondent à la vision des photographes. Sur un portrait en pied, je peux enfin sélectionner précisément les yeux. Les modes AF sont nombreux, du simple point à la zone large en passant par le suivi de visage. Ce dernier se révèle très efficace en photo comme en vidéo même si j’aurais aimé qu’il se fasse sur les yeux. En mode manuel, le focus peaking est un vrai plus avec trois niveaux de mise en relief du point.

La cadence d’image est plutôt satisfaisante avec 9 images/sec et 5,5/sec avec le suivi AF. Le débit est très bien encaissé par l’unique emplacement de carte XQD. L’adoption de ce format m’avait déjà fait beaucoup râler avec le D850, jusqu’a ce que je me fasse prêter une carte haut de gamme au débit de 440Mo/s. L’enregistrement des images se fait sans attente, même lors de rafales et le déchargement des photos sur le mac se fait en un éclair. J’ai mis moins de 7 minutes pour récupérer 70 giga de données. Question autonomie, j’ai été agréablement surpris. Je me doutais bien que je ne ferais pas une journée entière avec un hybride sur une même batterie. J’ai utilisée en alternance, écran et viseur et j’ai pu réaliser 550 images en moyenne (Raw 14 bits). Bonne nouvelle, les anciennes batteries des D800, D810 et D850 sont compatibles.

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Tigers woods à la Ryder Cup 218

La définition du Z7 est la même quel D850 avec 45,7 Mpx. Il est équipé d’un capteur plein format plus récent et du processeur d’image Expeed 6. Comme prévu le rendu est très bon et les images regorgent de détails. J’ai également poussé les ISO pour des vues de nuit. A 4000 ISO, le grain est plus présent mais reste très esthétique. Il me rappelle le beau grain d’un film 400. A 8000 ISO les images sont plus lissées mais reste tout à fait exploitables encore une fois grâce à la qualité du grain.

Le Z7 m’a été prêté avec un 24/70 f4 de la nouvelle monture. Elle devrait permettre grâce à l’absence de miroir et à un diamètre plus important (55mm au lieu de 44mm) de créer des objectifs aux calculs optiques plus simples. Les objectifs auront un meilleur pouvoir de résolution pour plus de qualité et de meilleures ouvertures. A cela s’ajoute un nombre de contacteurs plus importants qui permettront de faire passer plus d’informations en temps réel de l’objectif au boitier. Un des premiers usages de cette technologie s’appliquera au focus Breathing (ce léger grossissement quand on modifie la mise au point assez pénalisant en vidéo). La monture F créée en 1959 a sans doute atteint ses limites.

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Le Z7 peut être personnalisé jusqu’à sa bague de mise au point

Le 24/70 est un transtandard de bonne facture. On sent que Nikon s’est appliqué pour fournir une bonne optique à un tarif raisonnable. Le rendu est très homogène ce qui est assez rare pour ce genre d’objectifs. Avec néanmoins un vignettage assez marqué et des déformation sur les bords au 24 mais qui se corrigeront facilement sur Photoshop.

Les profils sur photoshop ne sont pas encore disponibles à l’heure j’écris mais cela ne devrait pas tarder. Une road map concernant la sortie des optiques a été présentée avec très prochainement un 24/70 f2,8, un 70/200 f2,8, un 50mm f1,8 (à la qualité très attendue) et un 58mm f0,95. L’adaptateur FTZ  (299 Euros) permet d’utiliser l’intégralité des optiques Nikon sans perte de qualité. Cela m’a permis d’utiliser sans contraintes le 70/200 f2,8. 

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L’ombre du Tigre à la Ryder Cup 2018

Conclusion

Le Nikon Z7 fait partie des boitiers qui nous permettent  d’envisager la photographie autrement. J’ai pu pendant ces 5 jours travailler de manière plus instinctive en prenant plus de liberté car je savais que la technologie me le permettait. Il n’en est encore qu’à ses débuts mais se révèle plein de qualités. Un capteur de 46Mpx dans un petit boîtier silencieux avec des optiques qui je l’espère tiendront leurs promesses. Si je ne possédais pas déjà un Nikon D850, je crois que je me laisserais bien tenté par ce Z7. 

COOL :

  • Capteur de 46Mpx 
  • Qualité des images 
  • Cadence 9 images/sec
  • Suivi AF du visage
  • Viseur de qualité 
  • Personnalisation du boîtier et des commandes
  • AF efficace
  • Légèreté
  • Autonomie, 550 images en moyenne
  • Ecran tactile (menus, déclenchements, mise au point)

PAS COOL :

  • Choix écran / viseur à améliorer
  • Quelques problèmes Rolling Shutter en obturateur électronique
  • Menus Nikon toujours un peu complexes
  • Parc optique restreint (pour l’instant)
  • Prix des cartes XQD et du lecteur
  • L’écran ne pivote pas sur le côté pour des prises de vues verticales.

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