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Voyage en Islande à travers les yeux de Mickaël Peralta

Mickaël Peralta est un photographe voyageur. Amoureux de la nature il s’est jeté tout entier dans les grands étendues sauvages islandaises pour y réaliser sa dernière série photographique. Très présent sur Instagram, il a développé un style dramatique au cours de ses nombreux voyages, qui a fédéré une communauté de plus de 40 000 abonnés. J’ai eu la chance de parler avec lui des coulisses de son dernier périple. Il me livre son expérience au coeur de la nature et quelques conseils pour magnifier ses images.


Est-ce que tu peux présenter ton travail sur l’Islande ?

L’Islande, c’est l’un des voyages que je rêvais de faire depuis quelques temps. Ce pays me fascinait par ses grands paysages sauvages à la nature préservée. On peut passer en quelques kilomètres de plages de sable noir à des glaciers enneigés ou à des plaines désertiques. L’Islande est un condensé de tout. Je suis parti en solitaire, à contre courant des foules de touristes. J’avais besoin d’une rencontre avec la nature. Je dors sur les lieux où je fais les photos le lendemain. Pour la carcasse d’avion, j’ai dormi sur le parking qui se trouve à 4 kilomètres à pied. J’ai pu être le premier à 7h du matin et travailler en toute sérénité pendant 45 minutes. En voyage, je me dédie entièrement à la photo, tout le reste passe après. Il m’arrive souvent de prendre mon petit déjeuner à 16h (Rires).

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Qu’est-ce que tu as dans ton sac quand tu pars en voyage photo ?

J’essaie de voyager léger au maximum, je n’ai donc que le strict nécessaire : matériel photo évidemment, ça reste bien sur ma priorité. Pour ce voyage en Islande, j’étais équipé de mon fidèle Sony A7 II (remplacé maintenant par mon A7 III), mon Sony ZEISS 16-35mm F4, mon Sony ZEISS 55mm F1.8 et aussi un Sony 28mm F2 et encore un Batis 85mm 1.8 et aussi mon drone DJI Mavicrpo. La majorité de mes images de paysage ont été faites avec le 16-35 que je trouve vraiment fabuleux.

Pour le reste, je m’équipe pour randonner, manger en pleine nature et camper dans mon 4×4 afin d’être le plus libre possible. J’ai un réchaud, de la nourriture lyophilisée, un duvet, des vêtements très chauds et étanches ainsi que chaussures de randonnée. J’utilise un chargeur nomade de grande capacité et un transformateur pour la voiture.

Tu fais beaucoup d’images dans des conditions climatiques difficiles, dis-moi comment tu te prépares, toi et ton matériel ?

Je privilégie le côté pratique, je veux le moins de contraintes possibles pendant mes voyages, il faut donc que mon équipement soit adaptable. J’ai la chance d’avoir avec moi de super partenaires dont Quechua, TheNorthFace et Lyophilise, qui me permettent d’avoir le bon équipement. Je prépare aussi mes itinéraires en notant les endroits à ne pas manquer, même si pendant le voyage, je me laisse souvent porter par les lieux que je traverse et que je ne suis pas toujours la route prévue.

En ce qui me concerne, j’avoue ne pas vraiment me préparer. J’aime la randonnée et j’aime explorer, quelques soient les conditions, et il faut avouer qu’une bonne tempête de grêle inattendue fait souvent de bonnes anecdotes à raconter en rentrant !

Concernant le matériel photo je suis relativement soigneux. J’ai toujours un chiffon sec à portée de main pour protéger mon boitier et mes objectifs. J’ai investi une fois dans une housse de protection (boitier/objectif) mais je n’ai du la garder en place que quelques minutes, j’ai trouvé ça inconfortable et pas pratique du tout !

Dans tes dernières séries, il y a de nombreuses images réalisées au drone. Qu’est-que cela a changé pour toi ?

Beaucoup de choses, je dois l’avouer. Cela me permet d’avoir des points de vue inédits que je n’aurais pas pu atteindre. Notamment quand je manque de recul ou que je veux prendre un peu de hauteur pour capturer de grands paysages. J’ai une bonne vision topographique mais cela me sert parfois pour faire du repérage avant de rejoindre un spot à pied. Je peux également apparaître sur certaines de mes photos. Piloter un drone, c’est vraiment ludique mais ça ne change pas les règles de la photo. Il faut savoir composer et garder une cohérence avec les photos prises au sol.

Piloter un drone, c’est vraiment ludique mais ça ne change pas les règles de la photo.

Est-ce que le travail de retouche est une part importante dans ton travail ?

Oui, pour moi l’édition de mes photos fait partie intégrante de mon travail et de ma « patte » de photographe. Je développe mes photos pour retranscrire  l’émotion que j’ai ressentie quand j’étais sur place, pour qu’elles se rapprochent le plus possible de ce que j’ai vu. Je ne fais pas de retouches ou très rarement. Si j’ai un câble électrique dans le champ, je me déplace pour ne plus le voir ou je ne fais pas la photo. Pour la photo de la grotte, j’ai du attendre 45 minutes pour être seul et enfin faire mon image. C’est ma conception de la photographie de ne photographier que ce que j’ai vu.

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Ma signature photographique est plutôt dramatique. Je fais des images tôt le matin ou le soir avec des lumières orangées et des ciels nuageux et très noirs.

Tu as un rendu très particulier dans tes photographies, à la fois très naturel et un peu irréel. Parle nous de tes presets et de tes chromies dans Lightroom. Preset (jeu de réglages de luminosité et de couleurs personnalisé qui peut être appliqué à d’autres images dans le logiciel).

Je pars de mon ressenti lors de la prise de vue pour créer mon preset. Ma signature photographique est plutôt dramatique. Je fais des images tôt le matin ou le soir avec des lumières orangées et des ciels nuageux et très noirs. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai choisi d’aller en Islande à la fin du mois mars. Comme mes photos, c’est un entre deux, la fin de l’hiver rencontre le début du printemps.

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A la fin de chaque journée de photo, je choisis 2 ou 3 images qui me paraissent les plus fortes que j’édite sur Lightrrom afin d’ancrer une première ambiance visuelle. Ce n’est qu’une fois rentré en France que je finalise mes presets. J’en crée plusieurs suivant les heures de shooting qui me serviront de base au travail de ma sélection finale. Je peux passer 3 heures par image et y revenir des mois après pour en améliorer la cohérence visuelle.

Il y a de nombreux photographes qui font le même genre d’images de paysages, comment fais-tu pour trouver un angle original ?

Je suis un vrai gamin, j’aime escalader et passer par les chemins les moins accessibles, ça m’aide sûrement aussi à trouver des angles qui n’ont pas été explorés. Je travaille avec soin mes compositions et mes développements pour leur donner une vraie cohérence et un rendu  original.

Pour réussir sur Instagram, il faut passer par certains lieux incontournables (NDLR Islande, îles Lofoten, Tre CIme, Lago di braies…) que certains gros comptes Instagram ont popularisé. Si tu ne montres pas ce qui plaît, tu ne plais pas. J’espère avoir atteint une certaine maturité pour pouvoir proposer de nouveaux lieux moins connus.

Tu poses également sur certaines photos, comment t’organises-tu pour réaliser ces images et est-ce une voie que tu veux explorer un peu plus ?

Je fais certaines photos de moi grâce à mon drone. En Islande, j’ai eu un crash de drone j’ai du alors tout simplement utiliser mon trépied et le retardateur de mon boîtier.

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Tu as créé les French Outdoors, est-ce que tu peux nous en dire plus sur cette communauté ?

Le projet des « French Outdoors » est parti d’une discussion avec un ami du Pays Basque et un autre de Nantes, tous deux passionnés de photo et de nature. On cherchait un moyen de se retrouver pour une session en venant tous des quatre coins de la France.

On a créé une conversation qui a un connu un vrai engouement et de là est parti l’association des « French Outdoors » pour faire se rencontrer des Instagrammeurs dans la vraie vie. Le premier Instameet a permis pendant 5 jours en pleine montagne, de réunir une vingtaine de passionnés de photo et d’amoureux de la nature.

Tu as une  communauté  très active sur Instagram, est-ce que tu as quelques conseils à nous donner pour la gérer ?

Oui, j’ai la chance d’avoir des abonnées très actifs et qui suivent avec bienveillance mon travail. Mes seuls conseils seraient les suivants : échanger avec sa communauté, prendre le temps de répondre à leurs questions et de les remercier pour leur soutien. Pour moi ça fait toute la différence !

Quels sont tes prochains projets ou voyages ?

J’ai 3 projets majeurs en préparation. Le premier serait de retourner en Islande en hiver. Cette fois-ci je partirai avec un autre photographe. Nous avons des styles complémentaires en photo et on s’entend très bien dans la vie, cela devrait nous aider à supporter les conditions climatiques très difficiles.

Le second, en solo, serait un road trip en Europe de l’Est afin de trouver des spots inédits et réaliser des images qui sortent des sentiers battus de la photo Instagram. Et puis bien sûr la prochaine édition Instameet des French Outdoors dont je vous parlerai en détails plus tard.

Qu’est-ce qui pourrait t’arriver de mieux en photo dans les prochains mois ?

La photo est aujourd’hui plus qu’une passion évidemment, mais je garde encore pour le moment aussi mon premier métier. Le truc le plus fabuleux qui pourrait m’arriver serait de pouvoir l’abandonner pour me consacrer à 100% à la photo ! Je vais t’avouer que tous les matins, en consultant mes mails, je rêve d’un message d’une marque qui me confierait toute sa création visuelle. Penser et créer du contenu avec des marques dont j’aime la philosophie, c’est ça que j’aimerais faire tous les jours pour vivre et si pour cela il faut parcourir le monde, c’est encore mieux !

Vous pouvez retrouver Mickaël Peralta sur son compte Instagram ou celui des French Outdoors .

 

 

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