PHOTO(S) TEST PHOTO

Test du Sony A7RIII en photo et en vidéo.

Depuis quelques temps déjà, je suis amené à travailler en plus de la photographie sur des films courts. Rares sont les appareils qui sont aussi à l’aise en photo qu’en vidéo. Les capteurs à haute résolution photo sont souvent limités en vidéo (Nikon D850 ou Eos 5DS) et les spécialistes de la vidéo sont un peu court en photo (Panasonic GH5). Le boitier Sony sort du lot avec une résolution de 42Mpx, une bonne plage dynamique et des fonctionnalités vidéo avancées, 4K/UHD à 100Mb/s, enregistrement au format S-log et Full HD à 120i/s. Je me suis fait prêter un boîtier par Sony afin de le tester en conditions réelles sur deux shootings photo et un tournage vidéo.

1- Le boîtier

La prise en main du boitier est un peu vintage. C’est sans doute le prix à payer pour sa légèreté et sa compacité. L’auriculaire se glisse sous le boitier pour en améliorer la tenue. Avec des objectifs plus imposants ou des plus grosses mains, la poignée supplémentaire GP-X1EM qui rajoute quelques centimètres de grip fera la différence. J’ai trouvé l’autonomie des batteries très satisfaisante même dans des conditions de froid. 

2-  Les commandes

Les molettes de diaphragme et de vitesses sont classiquement placées sous le pouce et l’index. Je suis convaincu par la présence d’un correcteur d’exposition physique bien pratique pour modifier rapidement les programmes S et A. Il est placé à l’exacte position de la molette du D850 ce qui m’a demandé un petit peu de vigilance pour les premières utilisations. Le boitier permet de personnaliser 4 boutons avec ses réglages favoris. En plus des réglages PSAM, il y a sur la roue codeuse 3 réglages personnalisables : 1, 2 et 3. Sur une séance, je peux être amené à faire tout à tour des images au flash, en lumière naturelle et en lumière artificielle. Sur le 1, je règle ma vitesse et mon diaph pour faire des images en lumière naturelle, sur le 2 pour le flash et le 3 pour la lumière artificielle au néon. Je passe de l’un à l’autre rapidement avec les réglages que je peux avoir préparés avant la séance. J’ai mis un peu de temps à le trouver mais la méthode est très simple. Il faut régler son appareil et aller dans le menu 1-3/14 Mémoire et appuyer sur entrer pour mémoriser tous les réglages en cours.

SONY-A7R3-DOS-

 

SONY-MENU1

3- Le viseur

Le viseur comme l’écran permettent l’affichage de nombreuses informations techniques (niveau à bulle, histogramme…) ou rien du tout. Ce qui peut être très agréable pour mieux se concentrer sur son image. J’ai aussi apprécié de pouvoir consulter mes photos sans quitter l’oeil du viseur. Cela me permet discrètement de vérifier quelques images sans casser le rythme de la séance. La zone de mise au point peut se régler via le joystick mais aussi directement sur l’écran avec le pouce l’oeil dans le viseur. Bizarrement l’écran tactile ne l’est pas pour le menu.

4- L’autofocus

La fonction que j’attendais le plus de ce boîtier est la mise au point grâce à la reconnaissance de l’oeil.  Je passe ma vie à faire et vérifier le point sur les yeux. Un AF capable de me libérer de cette tâche cruciale mais finalement pas très intéressante serait une vraie bénédiction. Le A7RIII reconnait et suit les yeux même avec des lunettes et dans des conditions de lumières difficiles. Il sait même reprendre le point quand les yeux sont fermés. Une mise à jour prochaine permettra même de choisir l’oeil sur lequel se fait le point (réservé à l’A9 pour l’instant). J’attends avec impatience qu’ils développent la même reconnaissance pour les animaux et je serai comblé.

Sur des plans larges à grandes ouvertures, l’eye-tracking m’a grandement rendu service. Associé à la loupe de mise au point (la zone est agrandie pour faciliter le point) j’ai pu vérifier et me rassurer sur la netteté de mes images. 

L'eye AF a reconnu le visage et a assuré la bonne vie au point.
L’eye AF a reconnu le visage et il a assuré la bonne vie au point. Stephen Dorff en shooting pour le magazine CinemaTeaser.

Les modes Autofocus sont nombreux et adaptés à tous les types de besoin. Je regrette seulement que la retouche du point manuelle ne puisse s’effectuer en mode AF. Il faut donc passer en mode manuel sur le côté de l’objectif pour ajuster le point quand l’AF ne se fait pas là où je l’ai décidé. Les performances générales de l’autofocus sont très bonnes dans 99% des cas mais je garde toujours le réflexe un peu old school de vouloir reprendre le contrôle pour le 1% restant. J’aime savoir comment réagit un boitier pour savoir jusqu’a quel point je peux lui faire confiance et ne pas me retrouver bloqué par la technique.

5- Capteur

Sony est un des acteurs majeurs dans la création de capteurs photographique et ça se ressent. Le capteur de 42 Mpx délivre des images précises avec une grande dynamique. Mais bon, je m’y attendais déjà car le capteur du D850 est conçu par Sony. Le rendu des couleurs était un point sur lequel j’avais plus d’attente. C’est sans doute moins impressionnant qu’une définition record, mais un capteur qui délivre des images aux couleurs maîtrisées et réalistes, ce sont des heures de retouches de gagnées pour les photographes. L’A7RIII passe le test haut la main avec un rendu très homogène même en hautes sensibilités. Le grain, avec la montée en ISO, est présent mais très beau rappelant un peu un film argentique. La stabilisation 5 axes du capteur permet quant elle de gagner jusqu’à 5 stops suivant les optiques.

Stephen Dorff en shooting pour CInemaTeaser.
Stephen Dorff en shooting pour CinemaTeaser.

6- Optiques

J’ai pu utiliser pendant mon test le 24/70mm f2.8 G Master, le 24mm f1.4 G Master et le 50mm Zeiss f1.4. Je ne m’attendais pas être déçu mais j’ai trouvé les optiques de très bonne qualité. Le 24/70 notamment est bien plus homogène que l’équivalent Nikon et justifie en partie son prix. Le 50mm est excellent à touts les ouvertures. Il me rappelle mon 50mm ART pour la qualité comme pour le poids 😉  Selon les tests DXO, il serait un cran au dessus. 

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50mm f1.4 Zeiss

Le Boitier A7RIII est un poids plume, il a une légère tendance à piquer du nez avec des optiques lourdes. Il sera très à l’aise avec ce 24mm de construction plus moderne et le poids bien contenu (200Gr de moins que la concurrence) sans toutefois sacrifier la qualité optique. Habitué aux optiques haut de gamme massives, c’est une bonne nouvelle pour mon dos et les tournages vidéos.

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24mm f1.4 GMaster

7- Vidéo

Le Sony Alpha permet de filmer en plein format en 4K/UHD 25/30p. La séquence est obtenue à partir d’une image surenchantillonnée de 6K. La qualité est vraiment très bonne notamment grâce à la compression XAVC S  très performante et aux modes d’images dédiés à l’étalonnage comme le S-Log2 ou le S-log 3. Ils enregistrent une image très plate et désaturée mais qui regorge d’informations pour permettre un travail équivalent à un développement d’un fichier raw. En full HD, la cadence monte à 120 images par seconde ce qui ouvre la possibilité de réaliser de beaux ralentis en divisant par quatre la vitesse de l’image. Le mode super 35 permet le tournage en 4K sur une portion du capteur (recadrage 18 Mpx APSC). Pratique, pour obtenir un léger zoom dans l’image.

C’est un vrai plaisir de filmer avec Le A7RIII, l’AF réagit très bien et permet de suivre des sujets même en mouvement.

Lors de mon tournage, j’ai utilisé le mode PP8 qui se trouve dans le menu en 1-12/14 dans le menu. Dans ce mode, l’ISO de base est 4000, je l’ai réglée à 800. Pour profiter pleinement du S-log 3 (S-Gamut 3.Cine) il faut surexposer de 2 Stops afin de ne pas boucher les ombres et eviter bruit à l’étalonnage. Les zébras (alerte de zone surexposée) sont à régler à 70% dans le menu 2-6/9. C’est assez surprenant la première fois de filmer avec cette méthode mais les résultats obtenus sont vraiment excellents. Il est recommandé d’utiliser ce mode quand la luminosité est satisfaisante.

Profil S-Log3 avant et après étalonnage.
Profil S-Log3 avant et après étalonnage.

8- Philisophie du boîtier

L’A7RIII regorge de petits réglages très pratiques comme l’eye-AF qui suit avec à une grande précision les yeux du modèle. L’ISO Auto par exemple a été très bien pensé. Par exemple en mode P, je peux régler ma plage d’utilisation entre 100 et 800 ISO.  L’appareil aura plus de souplesse pour conserver la vitesse minimum que j’aurais choisi sans dégrader la qualité des photos par une montée en sensibilité trop importante. 

Pour l’exposition, le mode de mesure « ton clair » cale son réglage sur la zone la plus lumineuse de l’image. C’est un bon moyen de ne jamais « cramer » ses hautes lumières et de laisser l’appareil déterminer la meilleure exposition possible (il faut bien sûr une situation aux contrastes normaux, un soleil de face entrainera une trop grande sous exposition). Le boitier de Sony regorge de menus aux fonctions très pointues mais qui finissent par perdre l’utilisateur. Des noms plus simples et des menus mieux pensés seront une avancée importante, je l’espère pour le prochain boitier. Une autre simplification serait de pouvoir associer directement une fonction aux favoris depuis  sa page de menu.

Conclusion :

J’ai le sentiment en utilisant le A7RIII que tout est fait pour libérer le photographe des soucis techniques pour qu’il se concentre sur l’essentiel : ses cadrages, sa créativité et ses modèles. Néanmoins cette profusion et cette richesse de fonctionnalités à son revers, il faut en passer par le manuel pour faire le tri pour ne garder que l’essentiel. Idéal pour le portrait grâce au redoutable Eye AF et partenaire des voyageurs aux sacs légers, l’A7RIII est un boitier très équilibré aussi l’aise en photo haute résolution qu’en vidéo grâce à l’expérience de Sony dans ce domaine.

COOL 

– Résolution de 42 Mpx et bonne dynamique

– 10 i/s, rafale de 28 Raw non compressés ou 70 en Raw compressés

– Compact et léger

– Richesse des menus

– Modes S-log

– Qualité des photo et rendu des couleurs

– 4K/UHD 25p et Full HD 120p

– Belle gamme optique

– Eye AF

– Mode pixel Shift

PAS COOL

– Menus trop compliqués

– Ecran tactile sauf pour les menus

– Pas de retouche manuelle du point en mode AF

– Pas de protection du capteur quand on change d’objectif

– Viseur électronique moins agréable qu’un viseur optique par fort contraste

 

Le Sony A7 RIII est disponible chez Prophot

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