TEST PHOTO

Test du Fuji GFX 100, le moyen format hybride qui change tout.

Quand Prophot m’a proposé de tester le Fuji GFX 100, j’ai tout de suite accepté. Cela faisait quelques temps déjà que je voulais retrouver le plaisir de shooter en moyen format. Il me fallait un sujet à la mesure du boîtier, quel meilleur choix se proposait à moi que l’Islande et ses paysages lunaires. J’ai donc emprunté pendant 9 jours les routes de l’île pour tester en conditions réelles et sous toutes les météos les qualités de ce boitier. Avant de commencer ce test, je dois avouer que j’ai reçu mon exemplaire la veille de mon départ et que je n’ai que rapidement parcouru le manuel (que je n’ai pas emporté pour alléger ma valise). Il y a sans doute des fonctionnalités intéressantes que je n’ai pas utilisées mais vous verrez que même sans le connaître, le GFX 100 est extrêmement simple à manier.

Kirkjufell en Islande avec le boitier Fuji GFX 100.
Kirkjufell en Islande avec le boitier Fuji GFX 100.

Prise en main :

Mes shoots avec un moyen format se font avec un Phase One et un dos IQ100. C’est toujours un plaisir de travailler avec ce boitier et de profiter de la qualité de ses fichiers. Pourtant, je ne m’imagine pas l’emmener pendant un voyage aux conditions difficiles si loin de toute urbanité. Je suis particulièrement précautionneux mais j’ai toujours une petite goutte de sueur qui perle quand il faut sortir 50 000€ de matériel en dehors du studio. 

Le boitier Fuji GFX 100 et son écran pivotant.
Le boitier Fuji GFX 100 et son écran pivotant.

Je n’ai pas eu ce ressenti avec le Fuji GFX 100. Son look à mi-chemin entre un Reflex et les boitiers légendaires de la marque comme le Fuji GW69O, m’a tout de suite rassuré. Le boitier est bien équilibré et tient parfaitement en main. Les commandes sont doublées sur la poignée verticale et permettent de retrouver les commandes d’AF avec le stick. La double poignée est très pratique même si j’aurais aimé l’avoir une option pour gagner en taille. Fuji l’a sans doute installée d’office pour y glisser deux batteries. Lors de mes sessions photo de 10 heures en extérieur par -2°, l’autonomie s’est révélée excellente. Il me restait toujours 2/3 d’une batterie après que la première soit complètement vidée.

Avec son objectif, le Fuji prend plus de place qu’un hybride full frame mais cela reste raisonnable pour lui trouver une place dans mon sac photo Shimoda. Les conditions météo en Islande ont été souvent très mauvaises, j’ai du affronter la pluie et des vent à plus de 80km/h ce qui m’a poussé à photographier vite. Je n’ai eu aucun mal à manipuler le boîtier avec des gants même d’une seule main. J’ai utilisé une housse de protection contre la pluie mais les rares fois où j’ai shooté sans, la tropicalisation et l’étanchéité n’ont pas été prises en défaut. Les molettes de réglages sont très bien pensées. En utilisation primaire, elle sert au réglage du diaphragme ou de la vitesse,  une pression sur la molette et passe au réglages de la sensibilité ISO. Une fois de plus l’ergonomie permet de se passer des menus et d’accéder très simplement aux commandes les plus importantes.

La cascade de Seljalandfoss en Islande avec le boitier Fuji GFX 100 et l'objectif 23mm.
La cascade de Seljalandfoss en Islande avec le boitier Fuji GFX 100 et l’objectif 23mm.

 

Le viseur et l’écran

J’ai longtemps refusé d’utiliser des hybrides à cause de leur viseurs mal définis mais surtout par le sentiment de me couper de la réalité en regardant à travers un écran. La très belle définition du viseur de 5,76Mpx du Fuji offre une image lumineuse et agréable. Les infos principales sont là, c’est tout. Et ça fait du bien. Trois modes d’affichage sont disponibles, priorité à la résolution pour une meilleure qualité d’affichage, priorité à la fluidité ou priorité à l’autofocus pour plus de rapidité de ce dernier.

L’écran secondaire monochrome donne les réglages principaux du boîtier,  l’histogramme de la photo mais également une version simplifiée sous forme de molettes pour les plus nostalgiques. Ici pas de fioriture, juste l’essentiel pour travailler vite. Le contraste de l’écran peut être inversé et afficher les infos noir sur blanc ou blanc sur noir, pratique suivant les conditions lumineuses.

L’écran tactile de 3,2 pouces est orientable en vers le haut mais aussi sur le côté. Un vrai plus pour faire des images verticales. Certains fabricants devraient s’en inspirer sur leurs boîtiers haut de gamme tant cette option fait défaut.

« La qualité des images m’a permis de retrouver le « feeling » moyen format que j’aime tant »

Le Capteur

Il est temps d’en arriver à ce qui fait la force de ce GFX100 : le capteur 100 Millions de pixels. Fuji a bien fait les choses avec son capteur moyen format de 43,8 X 32,9m, stabilisé sur 5 axes et capable d’enchainer 5 images/secondes sur 13 vues en raw. Lors de ma première’utilisation, j’ai utilisé le GFX 100 comme un hybride classique, à main levée, en sensibilité ISO élevée et avec des vitesses parfois assez basses pour un moyen format (1/60s). J’ai vérifié avec la loupe toute la journée mais j’attendais avec impatience de rentrer au chaud le soir pour développer quelques images. Je n’ai pas été déçu. Les fichiers sont excellents, très détaillés et riches d’énormément d’informations.

Autre point fort, le rendu des couleurs est vraiment très bon. C’est l’une des rares fois où je n’ai pas eu à faire de balance des blancs sur mes fichiers. Le profil de base est neutre et ne nécessite aucune correction. La qualité des images m’a permis de retrouver le « feeling » moyen format que j’aime tant, des images très définies, des dégradés de flou très délicats et surtout un rendu naturel très subtil. Pour profiter au mieux des raws du Fuji j’ai du passer à la version de 12 de Capture One (la version 11 ne permet pas de les ouvrir., Photoshop et Lightroom sont mis à jour automatiquement avec la Creative Cloud. Sur l’image de l’avion, j’ai pu travailler la matière sur le sol ou la carcasse de l’avion avec beaucoup de finesse. Même à plus de 1000 Iso, le bruit et le grain sont bien contenus. La sous exposition conserve de nombreux détails a -2 ou -3IL ce qui peut arriver avec des sols volcaniques noirs. Pour la surexposition pas de miracle, difficile de dépasser les 2 IL et de récupérer de la matière. La qualité du capteur et sa taille permettent de limiter les cassures et les bascules de couleur disgracieuses. Même surexposée, les hautes lumières restent très naturelles et belles à l’oeil.

La définition de 11648 X 8736 permet de réaliser des tirages de format d’origine 74 X 98 cm. Ce qui laisse la possibilité de gonfler les fichiers et de réaliser de très grands formats.

Sur la route du Landmannalaugar, Islande avec le boitier Fuji GFX 100.
Sur la route du Landmannalaugar, Islande avec le boitier Fuji GFX 100.

Fuji a intégré ses profils de film. Il est possible de retrouver le rendu des Velvia, Provia ou Acros. Je n’ai pas utilisé ces modes mais ils peuvent être utiles à ceux qui n’ont pas envie de passer trop de temps en post traitement.

L’AF

J’avais quelques appréhension sur la rapidité de l’autofocus connaissant les moyen formats. Fuji a livré un AF à détection de phase efficace et rapide. Les collimateurs recouvrent la quasi totalité du capteur et se sélectionnent avec le joystick ou au doigt sur l’écran. Je n’ai pas croisé beaucoup d’humains lors de mon voyage, je n’ai pas testé l’eye-focus du boîtier. Comme toutes les fonctions du GFX 100, elles sont paramétrables en détail, vitesse, sensibilité du tracking, zone de mise au point…

 

CONCLUSION

Le Fuji GFX 100 est un boîtier à part, doté d’une résolution exceptionnelle de 100 Mpx et d’une ergonomie d’un hybride moderne. Son capteur stabilisé, son AF rapide et son écran pivotant sur les 2 axes permettent une utilisation tout terrain. La qualité et le rendu très naturel de ses images le placent au dessus de la mêlée. Fuji a donc sorti un boîtier très abouti qui corrige les défauts de jeunesse du GFX50. Le ticket d’entrée est certes élevé mais il permet de retrouver le plaisir de photographier avec un  moyen format.

Le GFX 100 est proposé à 10 990€ chez Prophot

COOL

  • définition record de 100Mpx
  • neutralité et précision des couleurs
  • ergonomie du boitier et simplicité d’usage
  • écran pivotant sur les deux axes
  • autonomie même en conditions météo difficiles
  • AF performant et suivi des yeux
  • richesse des fichiers en post traitement
  • Personnalisation poussée du boitier
  • Vidéo 4K
  • Prix 11 000€ pour un moyen format et 100Mpx

 

PAS COOL

  • taille des fichiers qui nécessite un ordinateur puissant
  • Relativement lourd et imposant
  • Prix 11 000€ pour un boîtier seul

 

Diamond beach en Islande avec le boitier Fuji GFX 100 et l'objectif 23mm.
Diamond beach en Islande avec le boitier Fuji GFX 100 et l’objectif 23mm.
Landmannalaugar en Islande avec le boitier Fuji GFX 100 et l'objectif 23mm.
Landmannalaugar en Islande avec le boitier Fuji GFX 100 et l’objectif 23mm.
Sólheimajökull en Islande avec le boitier Fuji GFX 100 et l'objectif 23mm.
Sólheimajökull en Islande avec le boitier Fuji GFX 100 et l’objectif 23mm.
Black church en Islande avec le boitier Fuji GFX 100 et l'objectif 23mm.
Black church en Islande avec le boitier Fuji GFX 100 et l’objectif 23mm.
Les chevaux Islandais avec le boitier Fuji GFX 100 et l'objectif 23mm.
Les chevaux Islandais avec le boitier Fuji GFX 100 et l’objectif 23mm.

 

 

 

 

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